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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 13:43
Ça y est, l'European Shell Eco-Marathon 2008 est terminé. De retour de Nogaro, nous allons pouvoir vous résumer le déroulement de la compétition:



Préparation:

Quelques semaines avant la date fatidique, nous avions d'un commun accord avec l'INP décidé de mettre en pause les travaux sur TIM 05. Ce choix douloureux nous a tout de même permis de mettre toute la main d'œuvre disponible à contribution sur TIM 04.

Nogaro approchant, les campagnes d'essais moteurs se sont succédées, améliorant sans cesse le rendement. Au fur et à mesure du travail réalisé, de nombreux problèmes sont apparus et ont pu être résolus, ce qui a fortement augmenté la fiabilité du moteur. En sus, les dernières mises à niveau sur le règlement ont été mises en place, comme le harnais cinq points.

Nous étions donc prêts pour réaliser une bonne performance... seul bémol, l'aspect extérieur de TIM 04 était propre mais sans plus. Or, nous avions présenté le proto pour le prix du design, et les divers accrocs sur la carrosserie n'étaient pas classe du tout. Nous avons donc décidé de repeindre le proto. Comme il était hors de question d'alourdir la coque avec une couche supplémentaire de peinture, nous avons passé une semaine à poncer l'ancienne couche (délicatement pour ne pas attaquer la soie sous-jacente). Une semaine et quelques cals aux mains plus tard, après un bref séjour en cabine de peinture, TIM 04 se retrouve parée d'une nouvelle couche de blanc. Le gain est non seulement esthétique mais aussi aérodynamique car la jonction entre les deux parties de la coque a été retravaillée.


Il ne nous restait alors plus qu'à ranger les outils et préparer le séjour à Nogaro. De savants calculs nous ont permis de déterminer le nombre de tentes et de sacs de couchages optimal, tandis que la responsabilité du ravitaillement en denrées comestibles était confiée à Aurélien et Mathieu.

Mardi:

Nous voici arrivé au jour du départ. Pendant que certains arguent qu'ils ont des cours pour échapper au travail, d'autres chargent le matériel dans les différents véhicules du convoi. Bernard nous sera d'une aide précieuse dans cette tâche, mais malgré des demandes incessantes refuse obstinément de nous accompagner à Nogaro...

Grégory et Yvain partent en éclaireurs dans une fourgonette surchargée de matériel de camping. Une fois arrivés sur place, le staff de Shell nous informe comme nous le craignions que seul le chef d'équipe peut valider l'inscription et que nous ne pouvons donc pas commencer à installer le stand. Qu'à celà ne tienne, l'installation de toutes les tentes nous occupe tout de même pendant une bonne heure. Arrivent ensuite Guillaume, Brice, Yves et Anthony avec le reste du matériel.

Nous passons la soirée à discuter avec Producteam, à prendre contact avec l'ENSIETA à qui nous donnons quelques vieilles jantes, avant d'aller profiter de ce qui aurait pu être un repos réparateur s'il n'avait été bercé du doux bruits des groupes électrogènes.

Mercredi:


Le mercredi, on se lève tôt. En effet, il faut être les premiers à faire la queue devant l'administration pour pouvoir s'inscrire et accéder au stand, d'autant plus que nous sommes convoqués au contrôle technique à 10h. Bien que Guillaume ait pu accéder à la chaîne d'inscription parmi les premiers, la procédure dure un certain temps: en effet, un film explique aux chefs d'équipes, entre autres, qu'il ne faut pas boire de résine, manger de graisse ou se meuler les doigts. Sans compter qu'il aura fallu un bon quart d'heure pour mettre en marche la télévision !

Cette formalité passée, l'inscription proprement dite peut avoir lieu, ce qui nous permet d'accéder au stand et de décharger notre matériel à coups de caddie. Le premier objectif est de préparer le matériel nécessaire au passage du contrôle technique: une partie de l'équipe s'y présente à 10h pendant que le reste finit de monter le stand.

Le contrôle eut pu se passer dans les meilleures conditions possibles si le circuit de freinage arrière n'avait pas décidé de faire des siennes... une simple purge du liquide hydraulique règle le problème. Nous avons eu de la chance car certaines équipes ont rencontré divers problèmes: par exemple l'INSA de Lyon a vu le harnais de leur véhicule arraché par un commissaire qui n'a tiré que sur un seul des cinq points de fixation.

Une fois les précieux autocollants certifiant la conformité du véhicule au règlement, nous nous précipitons sur la piste pour commencer les essais libres. Une fois le réservoir pesé, Yvain part sur la piste pour ses sept tours de circuit. Le temps est idéal et la voiture semble avancer toute seule! Le compteur de vitesse bugge de temps en temps, ce qui gène un peu l'application de la stratégie, mais à part ça tout se déroule bien.


La voiture rentre dans les délais et une fois le réservoir pesé, nous nous rendons compte que le résultat est tout simplement le meilleur que nous ayons jamais enregistré ! C'est de très bon augure pour la suite de la compétition.

Tout contents du bon déroulement de l'essai, nous retournons au stand pour manger, tard dans l'après-midi. Une fois restaurés, Grégory réalise quelques essais moteurs au banc, puis nous repartons sur la piste. Enfin, nous aurions pu y retourner si nous n'étions pas arrivé 4 minutes après la fermeture des essais libres des prototypes. trop contents de nous-même, nous avons oublié de regarder l'heure...

Qu'à cela ne tienne, nous rentrons faire des essais moteurs au stand. Brice et Anthony inspectent le faisceau électrique pour tenter de déceler ce qui perturbe le compteur de vitesse, mais ne trouvent rien et la panne semble ne pas vouloir se reproduire. Tant pis...

Comme le moteur tourne bien, nous ne nous fatiguons pas outre mesure. Guillaume et Yvain partent au supermarché pour faire quelques courses. Quiterie, Driss et Aurélien  doivent nous rejoindre en début de soirée et nous les attendons pour manger. Bien évidemment ils sont en retard de deux heures, et la faim aidant, nous nous dépêchons d'installer leur tentes. Pendant ce temps, Aurélien prends ses fonction de chef cuisinier et nous pouvons enfin nous restaurer.

Jeudi:

Jeudi commence bien. Tout d'abord, on n'est pas obligés de se lever trop tôt aujourd'hui. Ensuite, on fait quelques essais au banc et tout se passe bien. Le programme de la journée est le suivant: Yvain doit faire quelques tours de piste pour tester une nouvelle stratégie, puis Quiterie roulera un maximum.

Mais finalement, tout ne se passe pas comme prévu: un problème électrique contraint Yvain à s'arrêter prématurément. Lorsque Quiterie part à son tour sur la piste, un autre problème (mécanique cette fois-ci) l'oblige à rentrer au bout de cinq tours.

A midi le constat est le suivant: nous n'avons pas pu faire les essais escomptés. Cela dit, d'une part les pilotes sont déjà bien entraînés, et d'autre part si tout va bien nous savons que le jour J TIM 04 pourra monter sur le podium, au vu de notre essai de la veille. Il est donc décidé qu'au lieu de repartir en essais, la fin de la journée sera utilisée pour faire une révision complète du moteur et du faisceau électrique.


Brice trouve assez vite le faux-contact responsable des pannes intermittentes du faisceau électrique. Le moteur est quant à lui intégralement démonté, les soupapes sont re-rodées, comme un des segments semble grippé on s'occupe de son cas, etc. L'opération intéresse plusieurs concurrents et nous répondons à leurs questions.

En fin d'après-midi, nous nous interrompons pour aller assister au départ de la première manche des Urbans-Concepts. Nous nous intéressons plus particulièrement au sort de Bamboo, le véhicule de l'Ensieta Brest, et à l'équipe de l'IUT GMP Toulouse. Comme l'Urban de nos voisins n'a jamais tourné sur la piste, c'est le chef d'équipe, Marc Poudenx, qui pilote afin de tester les réactions de la voiture. Son départ est laborieux, ce qu'il explique de la manière suivante "je pèse 99 kilos... en fait plus, mais ils avaient prévu que deux cases pour le poids du pilote!".

Cette année encore, force est de constater que de nombreux Urbans sont magnifiques et affichent un très haut niveau de finition. Sur la ligne de départ, tous les styles sont présents: coques à facettes, arrondies, peintures travaillées, aluminium brut, bois...


Contrairement aux prototypes, les urbans partent en groupe sur la ligne de départ. Nous suivons avec intérêt la course et plus particulièrement les GMP de Toulouse. Malheureusement, après quelques tours, nous voyons Marc passer... sur le camion de dépannage, une panne ayant stoppé le véhicule. Heureusement sa collègue réussira un essai sans souci technique le lendemain.

Dans la soirée, nous terminons le remontage du moteur. Les derniers membres de l'équipe arrivent à Nogaro, il s'agit de Mathieu et de Baptiste, qui est venu spécialement d'Allemagne pour nous aider. Avant de déserter le stand, nous vérifions les derniers détails pour la journée de compétition du lendemain: charge des batteries, des talkies-walkies, fonctionnement cohérent du moteur, etc...

Vendredi:

Aujourd'hui, ça ne rigole plus. Nous avons décidé que tout le monde doit être prêt à 7h pour parer à toutes les éventualités. Mais nous ne sommes pas pour autant les plus matinaux, en arrivant aux paddocks, nous avons la surprise de voir Remmi Team et l'ESSTIN, entre autres, déjà en train de faire la queue pour l'accès à la piste, qui doit ouvrir à neuf heures.

La météo est mauvaise et les prévisions ne sont pas optimistes. Nous partons donc rapidement dans la file d'attente nous aussi afin de pouvoir valider un essai dès que possible. Malheureusement, de la pluie se met à tomber, et les organisateurs n'ouvrent donc pas l'accès à la piste. Après une longue attente, le temps s'améliore un peu et la pluie s'arrête: Shell rouvre l'accès à la pit-lane. Lorsque les premiers prototypes s'élancent, la piste est encore mouillée et glissante, et les nouvelles sont mauvaises: L'ESSTIN e l'ESTACA partent en tête à queue, Supaéro se retourne.... par chance, ces incidents ne font ni blessés ni dégâts.

Lorsque nous arrivons à notre tour à la zone de remplissage du réservoir, la piste commence à sécher: nous décidons donc de partir immédiatement. C'est Quiterie qui pilote pour cette première tentative, tandis que tout le reste de l'équipe est assez stressée car les conditions atmosphériques peuvent changer à tout moment.

Pourtant, contrairement aux prévisions, les nuages s'éloignent et les sept tours se passent sans aucun problèmes. A l'arrivée, le résultat est sans appel: la consommation de 6,05 grammes nous classe seconds de la catégorie moteur à combustion avec 3036 km/l, ce qui constitue notre record à 30 km/h !!


Le classement est encore provisoire, car nous ne sommes qu'au début de la compétition, mais ce gros score nous donne de fortes chances de rester sur le podium.

Vers 14 heures, la piste est de nouveau fermée aux prototypes pour laisser place au deuxième essai des Urbans concepts, qui a été retardé à cause de la météo. Cette fois-ci, l'IUT GMP Toulouse est fin prêt et valide sa performance à 77 km/l.

Pendant ce temps, nous faisons des essais moteurs au banc. Hélas, la performance du moteur commence à chuter un peu, ce que nous attribuons à une perte d'étanchéité des segments. Nous avons donc peu de chances d'améliorer la performance du matin, ce qui en soi n'est pas bien grave car nous en sommes très satisfaits!

TIM 04 s'élance donc en fin d'après midi, pilotée par Yvain, pour un deuxième essai. Les conditions atmosphériques sont un peu meilleures par rapport au matin, et nous arrivons à améliorer légèrement la stratégie. Au final, malgré la légère baisse des performances du moteur, le résultat est de 3016 km/l, à moins d'1% d'écart de la tentative du matin! Nous n'avons jamais été aussi répétitifs entre deux essais.

A la fermeture de la piste, nous sommes toujours seconds de notre catégorie, et sommes à peu prés assurés de conserver cette place. Les deux essais validés sont tous les deux au-dessus des 3012 km/l réalisés par TIM 03 en 2004, alors que depuis le règlement s'est durci (pilotes plus lourds de 5kg) et que les conditions sont moins bonnes. La journée est donc une réussite totale!

En fin d'après-midi arrive M. Crosnier qui a la ferme intention de nous préparer le repas. Et c'est tant mieux car il le fait bien. Une fois rassasiés, chacun vaque à ses activités: visite aux autres équipes, préparation du moteur.

Samedi:

Comme hier, nous arrivons tôt aux paddocks pour préparer au mieux les essais de la journée. Comme hier, certaines équipes sont déjà prêtes et font la queue bien avant l'ouverture de la piste et comme hier, il pleut. L'organisation décide alors d'avancer de deux heures les essais Urban-concept, qui craignent moins la pluie que les prototypes. C'est à notre avantage, mais les équipes Urban doivent donc se préparer dans la panique pour faire face au changement d'emploi du temps...

Nous faisons donc quelques essais moteurs au stand avant de partir sur la piste. Par chance, et contrairement aux prévisions, le ciel se découvre peu après midi. C'est l'occasion de faire une meilleure performance que la veille.

Malheureusement, au deuxième tour du premier essai, le moteur commence à perdre en puissance. Il devient vite évident que cet essai est perdu: nous décidons alors de profiter de la fin de l'essai pour tester une nouvelle stratégie. Peine perdue, le problème s'aggrave et le véhicule doit rentrer au stand au troisième tour. La cause en est vite trouvée: une défaillance d'un bouchon du circuit servant à injecter l'essence.

Il nous reste une tentative et nous repartons donc en piste immédiatement, d'autant que le soleil semble vouloir continuer à briller. Mais cette fois-ci la courroie de distribution casse au bout de 30 mètres sur la piste... ce qui est d'autant plus frustrant que nous avions changé cette courroie l'avant-veille justement pour limiter les risques de panne, et que la courroie précédente avait tourné six mois sans casser. En observant la partie coupée de plus prés, on voit bien une amorce de rupture, peut-être faite au montage.

Nous avons donc utilisé les quatre tentatives permises par le règlement.

A la remise des prix, notre performance de 3036 km/l nous permet d'obtenir la seconde place au classement "moteurs à combustion".


Le jury des prix spéciaux nous a aussi attribué le premier prix de l'Education Nationale félicitant l'intégration du projet dans le cursus des étudiants.

Enfin, le conseil régional Midi-Pyrénées nous a décerné un prix récompensant le meilleur prototype de la région. L'IUT de Toulouse reçoit le prix du meilleur Urban-Concept régional.

Nous avons aussi été heureux d'apprendre que nous avions figuré parmi les trois derniers sélectionnés pour le prix du Design!

Après ce que nous pouvons considérer comme une édition réussie du Shell Eco-Marathon, il ne nous reste qu'à ranger tout le matériel et à rentrer sur Toulouse, où nous prenons l'apéritif avec nos voisins de l'IUT GMP pour fêter nos performances respectives.

Au final:

Cette édition du Shell Eco-Marathon se conclut donc de la meilleure façon qui soit: sur le podium et en améliorant nos performances.

Tout ceci n'aurait pas été possible sans l'aide indispensable de la société CTMI, du CROUS de Toulouse, de Promologis, des sociétés GIT et Sorevi, Loctite et Gaches Chimie, de l'INSA, de l'UPS, et du Conseil Régional de Midi-Pyrénées.



Remerciements:

L'ensemble de l'équipe TIM tient à remercier toutes les personnes nous ayant aidé à préparer et à réaliser ce projet: Bernard Basile, Bernard Crosnier, Claude Ménard,  les Drapé, les Vialet, l'ENSIETA pour son logiciel d'acquisition.

Etaient présents pour faire courir TIM 04: Aurélien Reysset, Driss Bendjaballah, Baptiste Bruant, Anthony Ponchon, Quiterie Cazaubiel, Brice Papini, Guillaume Drapé, Yves Mégret, Grégory Vialet, Yvain Subra, Mathieu Gévodant.


Nous tenons aussi à féliciter ou remercier les équipes suivantes:


-Producteam, qui rompt une longue série d'échecs dus à la malchance (par exemple l'annulation de l'éthanol l'an dernier) en se classant sixième moteur à combustion avec 1800 km/l.

-L'IUT GMP de Toulouse, qui a réussi à se classer cette année alors que leur projet était initialement prévu sur deux ans, et qui nous a aussi offert quelques verres à boire.

-L'ENSIETA, pour son prix de l'Eco-Conception avec un Urban-concept fabriqué en bambou.

-L'équipe "inconnue" qui nous a rendu l'affiche de TIM 03 et comme promis l'an dernier remporte donc une casquette dédicacée par Beusaïle...

-Remmi Team qui a aligné un trés beau prototype et qui fait un score honorable malgré une casse moteur.

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Publié par TIM - dans News
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TIM (Toulouse Ingénierie Multidisciplinaire) est une association étudiante.


Notre mission : relever des défis technologiques innovants en développant et optimisant des véhicules les plus économes en énergie possible.


En ligne de mire : l’Educ-Eco et le Shell Eco-Marathon, pour nous confronter à plus de 200 équipes du monde entier!

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